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Centrafrique : La fête des moissons et l'agriculture centrafricaine

Rédigé le Vendredi 14 Octobre 2016 à 17:40 | Lu 707 fois


Diaspora-magazine/ Le directeur général de l'Institut Centrafricain de Recherche Agronomique (ICRA) MOKOSSESSE Hervé s'est prononcé sur la préparation de la fête des moissons qui aura lieu le 16 octobre prochain dans la ville de Mbaïki, située à 120 km de la capitale Bangui dans la préfecture de la Lobaye au sud du pays.   


  En dépit du lourd impact des crises à répétition ( coups d'Etat) qui ont déchiré le tissu économique et social depuis 1993 en Centrafrique, le monde rural plus précisément l'agriculture centrafricaine a connu une dégradation considérable. Selon le directeur général de l'Institut Centrafricain de Recherche Agronomique (ICRA) Hervé MOKOSSE, le gouvernement centrafricain a placé l'agriculture dans l'une de ses priorités les plus immédiates en vue de relever le grand défi économique auquel fait face la nation centrafricaine qui dépend à 80% de l'agriculture. Selon le directeur de l'ICRA, l'organisation de cette fête des moissons qui aura lieu le 16 octobre prochain démontre la volonté du gouvernement à s'investir dans ce secteur d'activité indispensable pour le relèvement de l'économie en générale. Le président de la république Faustin Archange TOUADERA participera personnellement à cette fête, initiée par l'ex président centrafricain le général des armées André KOLINGBA en 1982. Ceci avait permis au pays d'avoir le prix CRS en 1984, délivré par la FAO à cause de la surproduction des produits agricoles réalisée par le pays en ce moment ci. Le point de vue de la FAO Pour Pierre Vauthier, qui coordonne la réponse d’urgence de la FAO en Centrafrique, les réserves risquent d’être assez vite épuisées. Il faudra donc, selon lui, accompagner les paysans sur d’autres cultures, d’autres activités pour qu’ils puissent traverser la période de soudure : « Il y avait un énorme problème au début de la saison agricole de manque de semences. Les gens avaient perdu ça puisqu’ils s’étaient fait piller les stocks, ils avaient d’énormes problèmes pour replanter et ressemer » Il y a donc eu une énorme opération qui s’est faite afin de distribuer des semences, et notamment en Centrafrique pour éviter des situations de famines. Pour Pierre Vauthier, « la situation est extrêmement préoccupante, puisqu’en fait on sait que l’on n’a pas pu enrayer une réduction des superficies cultivées. Parce que d’abord les gens se sont déplacés, ils n’ont pas eu la totalité du temps pour pouvoir réouvrir les parcelles. De plus, tout le bétail de traction animale a été volé, donc il va y avoir une réduction de la production. Ce qui va se traduire par une réduction des stocks. Est-ce que ces réserves seront suffisantes pour tenir jusqu’à la prochaine récolte ? Ça c’est un élément important. Il va donc y avoir un besoin pour les agriculteurs de lancer d’autres petites productions pour compenser cette perte, notamment le petit élevage mais aussi agrandir, si nécessaire, les jardins potagers qui permettront de compenser, dans une certaine mesure, ce manque à se nourrir » Autre sujet de préoccupation en Centrafrique, la période de transhumance des troupeaux approche. D’intenses déplacements de bétail sont attendus dans les tous prochains mois. Seulement la transhumance est un peu particulière cette année : d'abord parce que les groupes armés se sont multipliés sur les routes traditionnelles et aussi parce qu'on ne sait pas comment les peuls Mbororo qui conduisent les troupeaux, et qui ont été l’une des populations prises pour cible ces derniers mois, vont se comporter vis à vis des communautés sédentaires. Pour Pierre Vauthier, il faut rapidement permettre un dialogue à l’échelon local entre communautés villageoises et pasteurs pour éviter que de nouvelles violences ne se déclenchent : « C’est un phénomène régional, le bétail et les éleveurs arrivent du Tchad, du Soudan du Sud, du Cameroun et parfois même de plus loin. Ils viennent à la saison sèche pour faire pâturer le bétail dans les régions de Centrafrique et même, il faut rappeler qu’il y a des transhumants centrafricains, il y a des peuls centrafricains, et qui eux aussi ont été victimes de cette guerre, ils ont perdu le bétail, ils se sont fait bloquer dans certains endroits, il y a eu des populations de peuls qui ont été extrêmement victimes de cette guerre. Le problème cette année, la présence de milices ou la présence de groupes armés sur les zones traditionnelles, c'est-à-dire, les voies de transhumance, va faire que ces gens là vont très probablement changer les routes». Pour la FAO, il s'agit d'un point crucial car les gens vont passer dans d’autres zones pour lesquelles il n’y a pas eu d’accord, de discussions préalables et ça, ça va peut-être poser problème dans les villages qui vont être traversés. «La transhumance s'effectue toujours avec des hommes en armes pour protéger le bétail, donc ça va être des facteurs de tension, d’enflamment de certaines zones. Pour nous c’est absolument important qu’il y ait un dialogue qui se noue entre les populations des villages et ces éleveurs transhumants », alerte Pierre Vauthier. Fils de KEN

Herve Serefio


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