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Centrafrique: le chef de milice anti-balaka Andilo devant ses juges

Rédigé le Mardi 9 Janvier 2018 à 10:09 | Lu 1497 fois


En République centrafricaine, une nouvelle session criminelle s'est ouverte ce lundi 8 janvier à Bangui, pour un mois. Parmi les nombreux dossiers se trouve celui d’un accusé de taille : Andilo, alias Rodrigue Ngaïbona, un jeune chef de milice anti-balaka arrêté en 2015. Il est poursuivi pour cinq chefs d'accusations dont assassinat, association de malfaiteurs, détention illégale d'armes et de munitions de guerre ou encore vol à main armée. Son procès qui a ouvert la session a été renvoyé à jeudi à la demande de ses avocats.


Lorsqu'il est arrêté par la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) le 17 janvier 2015 à Bouca, Andilo est à moins de 30 ans l'un des chefs de guerre les plus dangereux et redoutés du pays.
Ancien coupeur de routes, il participe avec son groupe à l'offensive des anti-balaka sur Bangui le 5 décembre 2013. En octobre 2014, il serait derrière l'attaque contre un convoi de la Minusca à Bangui, au cours de laquelle un casque bleu pakistanais a été tué. Il est aussi soupçonné d'avoir incendié un village dans le centre du pays. A son palmarès également, l'assassinat présumé d'un gendarme à Bangui en janvier 2015, ainsi que divers braquages.

Dans les semaines qui suivent son arrestation, ses hommes, conduits par son frère Dieudonné Ngaibona, tenteront d'obtenir sa libération en prenant en otage une humanitaire française et un prêtre centrafricain, puis un ministre. Dieudonné Ngaibona, arrêté en 2016, est aussi dans le box de cette session criminelle.

En attendant la Cour pénale spéciale
Beaucoup imaginaient que ce procès serait l'un des premiers de la Cour pénale spéciale. Cette juridiction hybride qui est en train d'être mise en place sera chargée de juger les crimes les plus graves. Mais la justice centrafricaine n'aura pas attendu. « Il est en détention depuis près de trois ans et ça, ce n'était plus pas tolérable », commente Joseph Bindoumi, de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, partie civile dans ce dossier.

Andilo ne comparait pas pour crimes de guerre, un chef d'accusation pour lequel il pourrait être poursuivi si l'attaque contre les casques bleus en 2014 lui était effectivement imputée. La Cour pénale spéciale pourrait alors se garder sous le coude cette possibilité de le juger pour ces faits.
 

RFI


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